mercredi 8 juin 2011

Environnement: Importante session du Conseil Général de la Manche, le 7 juin 2011.



On y a débattu pour la énième fois depuis 1995 de la 2x2 voies entre Granville et Avranches et également du projet d'extension portuaire de Granville.

A noter que dans leurs arguments favorables à la 2x2 voies, les partisans du nouveau tracé ( le président de la chambre de commerce de Granville, l’union des commerçants granvillais, le député maire d’Avranches et le maire de Donville), souhaitent placer Granville à 20 minutes de l'autoroute. Ceux qui effectuent ce parcours régulièrement vous le dirons : actuellement, du rond-point du Calvaire de Granville à l'autre grand rond point à l'entrée d'Avranches, c'est toujours à peu près 20 minutes qu'il faut pour faire le trajet, en respectant les limitations de vitesse, hors conditions exceptionnelles bien sûr.

Donc, on construirait une soi disant nouvelle route rapide d'un coût de 150 millions d'euros, destructrice d'environnement et de biodiversité pour un gain de temps absolument nul.

Visiblement le CG50 pour faire plaisir à certains de ses partisans, n'enterre pas complètement la possibilité d’une 2x2 voies mais la renvoie aux calendes grecques. On s'oriente vers l'amélioration de l'existant et sa sécurisation. Un peu de bon sens enfin.

Le projet portuaire tel qu’il a été défini lors du débat public de novembre 2006 est mort et enterré. Il n'y a plus que le maire de Granville pour le défendre encore.

Faire croire qu’on se préoccupe de la biodiversité tout en agissant pour sa destruction est un peu une spécialité maison.

Ainsi, le projet portuaire placé au cœur de deux ZNIEFF, d’une ZICO, d’un site Natura 2000 et d’un site « Ramsar », ne posait pas trop de problèmes à nos champions du développement durable. Le tribunal administratif en a décidé autrement le 19 novembre 2009 et a demandé au maire de Granville de revoir sa copie du PLU puisque l’étude environnementale en était complètement absente.

A noter que le tribunal administratif a sanctionné aussi l’incohérence entre le PLU et le PADD. D’un côté, le PADD soulignait la nécessité de préserver le site remarquable de Chausey et de l’autre le PLU prévoyait 700 anneaux supplémentaires dans le nouveau port de plaisance ce qui entraînait obligatoirement une surfréquentation de l’archipel.

Le conseil général est donc contraint de modifier en profondeur son projet d'extension en tenant compte de ce qui est imposé en matière de sécurité environnementale. Les associations de défense de l’environnement ou autres qui ont déposé des recours justifiés devant le Tribunal Administratif voient ainsi leurs actions confortées.

Avec un peu de discernement, nos élus du département et de la municipalité de Granville auraient pu épargner aux contribuables des études de toutes sortes, des débats publics inutiles, des concours d'architecture ou des recours devant le tribunal administratif. La facture sera très salée et nul ne sait pour l'instant à combien se chiffre ce gaspillage d'argent public. jms